Etre aidant : des défis aux solutions.
- Véronique

- il y a 6 jours
- 4 min de lecture
Être aidant(e), c’est endosser un rôle souvent invisible mais essentiel : celui de « l'architecte du quotidien » d'une personne fragilisée par l'âge ou le handicap. C'est un engagement profond qui dépasse largement le simple cadre des soins techniques.

Voici une analyse de cette réalité à travers différents paramètres :
1. Plan physique : le corps en première ligne
L'aidant devient souvent les bras, les jambes ou les yeux de l'autre.
Défis : troubles musculosquelettiques. Les transferts (du lit au fauteuil), l'aide à la toilette ou les nuits hachées provoquent un épuisement chronique et une sécrétion de cortisol (hormone du stress), ce qui affaiblit le système immunitaire. L'aidant ignore souvent ses propres signaux d'alerte (douleurs dorsales, infections récurrentes).
Solutions : envisagez des formations aux « gestes et postures. De plus, l'usage de matériel médicalisé est crucial (lit médicalisé, lève-personne). Au-delà des outils, le soutien physique passe par l’intervention d'infirmiers ou d'aides-soignants. Le "droit au sommeil" via des gardes de nuit professionnelles.
2. Plan comportemental : l'adaptation permanente
La fonction de l’aidant(e) l’amène à sans cesse ajuster ses réactions face aux troubles cognitifs et au refus des soins.
Défis : l'aidant se voit obligé de développer une "agilité comportementale". Face à une personne atteinte d'Alzheimer qui répète la même question, qui est agressive ou apathique, le défi est de ne pas réagir par l'agacement mais par la validation émotionnelle. C'est un exercice de patience extrême qui demande de modifier son propre langage non-verbal.
Solutions : les formations type Humanitude ou la méthode Validation de Naomi Feil permettent de transformer le comportement d'opposition en coopération. Il peut être utile aussi de prendre des conseils auprès de professionnels tels que ergothérapeutes et psychomotriciens pour apprendre à communiquer différemment.
3. Plan social : le risque de l'isolement
Le rôle d'aidant grignote souvent l'espace de vie sociale et professionnelle. Le domicile devient une île et l'aidant son seul gardien.
Défis : on observe un phénomène de "désocialisation par ricochet". Les amis s'éloignent car ils sont mal à l'aise face au handicap ou parce que l'aidant décline systématiquement les invitations par manque de temps, d'énergie ou à cause du sentiment d'être incompris par l'entourage. Le risque est la "mort sociale" avant l'heure.
Solutions : les plateformes d'accompagnement et de répit (PFR) proposent des sorties culturelles pour les duos aidant-aidé permettant de maintenir un lien social sans la stigmatisation de la maladie. Le relais à domicile, les Cafés des aidants pour échanger avec des pairs et le Congé de Proche Aidant indemnisé via l'Allocation Journalière du Proche Aidant peuvent apporter du soulagement.
4. Plan psychologique : la charge mentale et émotionnelle
C'est le siège de l'ambivalence : aimer et vouloir fuir en même temps.
Défis : l'aidant traverse souvent un "deuil blanc" : il doit faire le deuil de la relation passée (le parent protecteur, le conjoint partenaire) tout en restant présent. La culpabilité est le poison majeur : culpabilité de prendre du temps pour soi, de s'énerver ou d'envisager un placement en institution.
Solutions : les groupes de parole sont essentiels pour réaliser que ces émotions "interdites" sont universelles et légitimes. De façon individuelle, un suivi psychologique peut amener à l’acceptation de souffler sans culpabiliser.
5. Plan énergétique : le transfert de vitalité
On parle ici de la sensation d'être « vidé » littéralement par la présence constante de la maladie car le soin est un échange de flux vitaux.
Défis : dans une relation de soin prolongée, il se produit souvent un phénomène d'épuisement énergétique où l'aidant "donne" son énergie pour compenser les fuites vitales de l'aidé. Sans une pratique de nettoyage ou de protection, l'aidant finit par se sentir vidé de sa propre lumière.
Solutions : l'apprentissage de techniques de protection énergétique (visualisation, ancrage à la terre) et l'imposition de limites claires (savoir dire non) permettent de préserver son intégrité vibratoire. Envisagez des pratiques de ressourcement comme le Qi Gong, le Yoga, la sophrologie ou simplement le contact régulier avec la nature pour « recharger les batteries ».
6. Plan spirituel : la quête de sens
L'accompagnement confronte l'aidant aux grandes questions de l'existence : la finitude, la dignité et la valeur de la vie.
Défis : l'aidant est confronté au "pourquoi". Cette épreuve peut mener à un désespoir profond ou, à l'inverse, à une transcendance : découvrir une forme d'amour inconditionnel qui ne dépend plus de l'utilité ou de l'intellect de l'autre mais de sa simple humanité. C'est une école de l'instant présent.
Solutions : la méditation, des audios de relaxation ou l'accompagnement par des philosophes cliniciens aident à transformer l'épreuve en un chemin de sagesse et de compassion (hôpital ou PFR).
7. Plan quantique : l'interconnexion profonde
D'un point de vue quantique, l'aidant et l'aidé forment un système intriqué. Leurs états vibratoires s'influencent mutuellement instantanément.
Défis : l'état interne de l'aidant (même silencieux) informe le champ biologique de l'aidé. Si l'aidant est dans un état de peur ou de stress, cet état est capté par l'aidé, créant une boucle de rétroaction négative. Si l'aidant cultive une paix intérieure, il peut abaisser le rythme cardiaque et le stress de l'aidé par simple proximité. C'est la théorie du "soignant-médicament".
Solutions : travail sur l'intention et la cohérence cardiaque. En stabilisant son propre champ fréquentiel (calme, présence), l'aidant peut, par résonance, apaiser le champ de la personne aidée, même sans paroles, réduisant ainsi les crises d'angoisse sans recours chimique.
Si vous êtes vous-même dans cette situation, n'oubliez pas que "l'aidant est le premier soin de l'aidé". Prendre soin de vous n'est pas un luxe, c'est une nécessité pour la survie du binôme.
Bien à vous !
Sources :
· Cynthia Fleury : Le soin est un humanisme. Éditions Gallimard.
· Jean-Philippe Pierron : Prendre soin. Une philosophie de l'attention. Éditions PUF.
· Association Française des Aidants : aidants.fr. Ils gèrent le réseau national des "Cafés des Aidants" et proposent des formations en ligne très concrètes sur la posture et la santé de l'aidant.
· Naomi Feil : Validation : La méthode de Naomi Feil. Éditions Lamarre (traduit).
· HeartMath Institute (USA) : The Science of Interconnectivity. heartmath.org
· Bruce Lipton : La Biologie des croyances. (Epigénétique) Éditions Ariane.
· Jon Kabat-Zinn : Au cœur de la tourmente, la pleine conscience. (Méthode MBSR) Éditions J'ai Lu.


