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Scroller sur les réseaux sociaux vs lire ou écouter un livre !

Dernière mise à jour : 14 janv.


Passer du "scrolling" (la consommation numérique passive fragmentée, rapide et infinie) à la "lecture" (l'immersion linéaire et consommation cognitive active) revient à changer de régime métabolique pour l'esprit. Cette transition est largement validée par les neurosciences cognitives et la psychologie environnementale.


1. Sur le plan Physique : le retour au calme biologique

Le scrolling maintient le corps dans un état d'alerte légère mais constante. Lire un livre modifie radicalement cette physiologie.

  • La lecture réduit le rythme cardiaque et la tension musculaire en moins de 6 minutes. On quitte l'état d'hyper-vigilance (système sympathique) pour entrer dans un état de repos (système parasympathique).

  • Contrairement à la lumière bleue des écrans qui inhibe la mélatonine, le papier permet de respecter les cycles circadiens, améliorant ainsi la qualité du sommeil profond.

  • On observe une baisse significative du cortisol, l'hormone du stress, contrairement au scrolling qui génère des micro-pics de dopamine suivis de chutes brutales.

2. Sur le plan Comportemental : de la réactivité à l'intentionnalité

Le scrolling est une habitude de réaction (on réagit à un stimulus) tandis que la lecture est une habitude d'action (on choisit de s'immerger).

  • On réapprend à fixer son attention sur un seul objet pendant une période prolongée, améliorant ainsi notre capacité de concentration, aujourd'hui atrophiée par le multitâche.

  • Le livre nous réapprend que les choses de valeur prennent du temps. On sort de la tyrannie de l'instantanéité pour retrouver le plaisir du cheminement.

3. Sur le plan Psychologique : La fin du brouillard mental

La pensée mode popcorn (passer d'une idée à l'autre sans lien) laisse place à une pensée structurée.

  • En quittant les réseaux sociaux pour un livre, on cesse de se comparer aux vies des autres mises en scène pour l’écran. On réduit ainsi son anxiété et on se retrouve seul(e) avec ses propres pensées, ce qui apaise l'ego (même si ça peut sembler compliqué au départ).

  • Un livre permet d'explorer la nuance et la complexité là où le scroll privilégie les slogans et les opinions tranchées.

  • Scroller surcharge le mental d’informations sans lien les unes avec les autres alors que lire ou écouter un livre audio structure davantage les connaissances.

4. Sur le plan Énergétique : du pillage à la recharge

C'est ici que le changement est le plus palpable au quotidien.

  • Le scrolling est un "vampire énergétique" : il consomme énormément d'énergie mentale pour traiter des informations souvent inutiles. La lecture, bien qu'exigeante, est une activité nourrissante qui laisse souvent une sensation de plénitude.

  • Lire permet de se recentrer : au lieu d'être éparpillée aux quatre coins du monde numérique, notre énergie se rassemble dans l'espace immédiat. Nous ne sommes plus "partout et nulle part", mais "ici et maintenant".


Passer du réflexe de « scroller » à l'habitude de lire demande moins de volonté que d'organisation de son environnement. Le cerveau choisit souvent le chemin de la moindre résistance : si le téléphone est à portée de main et le livre dans une autre pièce, le téléphone gagne à chaque fois.

Voici 5 astuces pour rééduquer notre attention :

1. La règle de la "Friction Inversée"

Le but est de rendre le scroll difficile et la lecture automatique.

  • Cacher le téléphone : dès l'arrivée à la maison, poser le téléphone dans une boîte ou une autre pièce.

  • Le livre partout : une astuce est de poser un livre sur la table de nuit et un autre sur la table basse par exemple et pourquoi pas dans la voiture. Il doit toujours être à portée de main.

2. La méthode des "Deux Pages" (ou 5 minutes)

Le plus dur n'est pas de lire, c'est de commencer.

  • Ne pas se dire "Je vais lire une heure". Mais plutôt : "Je vais juste lire deux pages".

  • Une fois commencé, l'inertie est brisée et le plaisir de la lecture peut potentiellement se prolonger. Si saturation après deux pages, il est préférable de s'arrêter : l'objectif est de créer l'habitude, pas la performance.

3. Sanctuariser les "Temps Morts"

Limiter les moments où le téléphone est dégainé par réflexe :

  • Le matin : pas de téléphone durant les 30 premières minutes. Cela définit le niveau de concentration pour toute la journée.

  • Le coucher : le téléphone reste en dehors de la chambre. La lecture au lit devient le signal de fin de journée pour le cerveau (et améliore le sommeil)

4. Hacker l'aspect "visuel" du téléphone

Pour rendre le scroll moins addictif :

  • Passer l'écran en noir et blanc (niveaux de gris) : cela supprime la récompense visuelle de la dopamine. Scroller devient d'un coup beaucoup moins intéressant.

  • Garder seulement les notifications des messages.


Note importante : il ne s'agit pas de diaboliser la technologie, mais de réaliser que le "scrolling" est conçu pour être sans fin alors qu'un livre a une fin qui permet l'intégration et la réflexion. Il ne s'agit pas non plus de se culpabiliser mais de se donner une chance de prendre soin de Soi et de revenir à des activités naturelles et respectueuses. A noter qu'un livre audio sollicite les mêmes régions de compréhension sémantique que la lecture visuelle. Prenez soin de vous !


Sources : Lewis, D. (2009). "Galaxy Stress Research". Mindlab International, Sussex University.

Wolf, M. (2018). Neuroscientifique, "Reader, Come Home: The Reading Brain in a Digital World".

 Carr, N. (2010). "The Shallows: What the Internet Is Doing to Our Brains".

Kaplan, S. (1995). "The restorative benefits of nature: Toward an integrative framework".

Clear, J. (2018). "Atomic Habits".



 
 
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